Un vendredi matin, j’allume la télé dans l’espoir de perfectionner ma compréhension de l’arabe. Je tombe sur une émission de Nile TV, en français. A gauche de l’écran, une jolie dame soigneusement voilée, licenciée en Charia islamique à l’Université d’ Al Ahzar. En bandeau, le verset du Coran que la docte dame va nous commenter. Il s’agit du thème des ablutions.

- On va parler aujourd’hui des ablutions d’un point de vue scientifique, énonce-t-elle dans un très bon français, mais quoi qu’il en soit, le croyant doit obéir à Allah en toutes choses, que ce soit scientifiquement prouvé ou non.

Cette précision donnée, elle explique que les croyants « purs », c’est-à-dire ceux qui ont fait leurs ablutions, porteront une lumière sur le visage et sur le corps qui permettra de les reconnaître après la mort pour leur ouvrir la porte du paradis.

Une façon simple, en somme, de distinguer les moutons blancs des moutons noirs. La pesée de l’âme devient superflue. Jusque là, ce n’est pas trop difficile à suivre, même pour un néophyte.

Puis, ça se complique, car la dame, férue de naturopathie, se lance dans une introduction à la médecine énergétique, qui aurait permis de déceler les secrets de la force vitale qui circule dans nos corps à travers quatorze méridiens.

- Or, dit-elle, si l’on mesure l’énergie d’un croyant avant les ablutions et après, on constate une énorme différence: après les ablutions, l’énergie est rééquilibrée, ce qui nous protège des énergies nocives et des radiations négatives.

Voici donc scientifiquement démontrée l’efficacité de l’acte purificateur.

J’aurais bien aimé qu’elle explique avec quel appareil on mesure  l’énergie d’un croyant (ou d’un non-croyant), et qu’elle précise si les ablutions protègent aussi des émissions de monoxyde de carbone, de dioxyde d’azote et de plomb qui intoxiquent les cairotes.

Et je retournerais bien un soir à Ibn Tulun, pour me purifier au moins l’esprit.

2 réponses vers “Le point de vue scientifique”

  1. Stéphane a dit

    Le père d’une de mes amies, en retour de religion à l’approche de la mort, parle doctement de la mémoire du porc, cette persistence qui empoisonne les lieux, y compris les frigos , longtemps après qu’un morceau de l’animal impur y ait séjourné. Cette mémoire — voisine de la mémoire de l’eau — me semble cousine germaine de la mémoire de l’ablution de la savante de la savante de ta note.
    J’ai une préférence pour le dogme : on sait ce à quoi l’on doit croire parce qu’ainsi est la loi et il n’est nul besoin de le démontrer.

  2. josiane a dit

    hé oui le monde n’aurais que 7000 ans !
    coté ablutions ,je me lave les pieds régulierement ,et je ne vois pas le changement !
    d’ailleurs je ne vais pas a la mosquée,ni a l’église,ni au temple !

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