Ismaïlia
2008

A deux heures du Caire. Sur la route on voit le désert se construire peu à peu, nouvelles cités, nouveaux « resorts » pour riches. Un panneau indique en lettres géantes : « Le rêve », surgi du désert. Une seule construction – la maison témoin ?- occupe l’immense espace réservé pour Le rêve. Un promoteur francophile ? Non, me dit mon collègue, c’est juste que The Dream était déjà pris. Je me disais aussi… En attendant, le Rêve ressemble plutôt à un cauchemar.

Après une heure et demie de désert caillaisseux et sans charme, nous voici aux abords d’Ismaïlia. On fait une pause sur le bord de la route dans une de ces gargottes inspirées de Marcel Duchamp, au décor pop-art de chips et bouteilles empilées. On prend deux thés, une chicha, et un riz au lait délicieusement parfumé à la fleur d’oranger, découverte gustative dans un lieu improbable comme je les aime.

Ismaïlia, déjà le nom est doux à prononcer. Larges avenues, circulation fluide, taxis couleur orangé, canaux, lac, et Le canal, celui de Ferdinand, dont la maison au style normand fait la modeste au coin du boulevard. Le Canal de Suez, inauguré par l’impératrice Eugénie en 1869, nationalisé par Nasser en 1956, est le plus long canal du monde (190 km) sans écluses. Il accueille trois convois de bateaux par jour.
A Ismaïlia, il y a aussi un hôtel, le Mercure, avec vue sur le lac, les oiseaux, les jardins, les pêcheurs. Et une belle piscine tout en longueur. Seul inconvénient : un garde vous empêche de marcher au-delà de l’enceinte du parc, ce qui limite mes ambitions de randonneuse. Je me contente de suivre un oiseau que je n’arrive pas à identifier, suivie moi-même par le garde qui me colle aux basques.

Mais je n’aurai pas le temps de profiter de la piscine plus d’une heure : je suis venue pour visiter une école préparatoire, un collège public comme il en existe peu, avec des classes de trente élèves maximum, des locaux clairs, calmes et bien aérés, une salle informatique équipée d’une vingtaine d’ordinateurs récents et connectés à Internet, un tableau interactif, deux ordinateurs portables utilisables pour des projections en classe, une bibliothèque gérée par une enseignante et pouvant accueillir des petits groupes.
On rencontre la directrice qui nous offre le thé dans son grand bureau. Un mur est décoré par les coupes gagnées par l’établissement. Elle est germanophone, mais tout à fait favorable à l’introduction du français au préparatoire (collège). Elle estime que la réputation de l’école, qui est déjà très bonne, en sera encore améliorée. Elle nous présente les membres de son équipe avant de nous faire faire le tour des locaux. Les murs sont décorés de travaux d’élèves, pas un papier ne traîne dans les couloirs.
Après tout ce que j’ai entendu sur la déliquescence des écoles gouvernementales, cette visite est faite pour me remonter le moral. Former les professeurs qui enseigneront le français ici et offrir un fonds moderne pour la petite bibliothèque ne seront pas des actions vaines.
Pour clore la journée, l’inspecteur qui nous accueille nous invite pour un tour en bateau sur le lac. Je n’arrive pas à comprendre où est ce fichu canal. A Ismaïlia, il y a plusieurs lacs, et le canal, avec une île entre les deux, ce qui complique singulièrement la géographie. Tant pis, je renonce à me repérer et me laisse dorer au soleil à l’avant du bateau. Ismaïlia me donne envie de musarder, de bouquiner, en écoutant de la musique douce.
J’y pense : pour ceux que ça intéresse, Ismaïlia est aussi la ville natale de Claude François, dont le père travaillait à la Compagnie du canal de Suez. Alors pourquoi Alexandrie, et pas Ismaïlia?

Photo de groupe devant l’école.




eh oui, je ne veux pas être de mauvaise fois mais ils ont du bien nettoyer les locaux avant la visite! connaissant les écoles, je me méfie un peu de cette propreté peu habituelle! alors ue visite surprise ne sera pas une mauvaise idée! et là, on verra !
nagui a raison , mais une visite surprise semble improbable puisqu’il faut a l’école une autorisation du ministére pour avoir le droit de faire visiter !
il y a mème une rue claude françois inauguré en grande pompe il ya quelques années a l’initiative du cfcc c’était au temps des grands budgets !