Amphore, jarre, mots d’un autre âge. Et pourtant il ne m’en vient pas d’autre à l’esprit pour évoquer ces récipients en terre cuite, avec ou sans anses, plutôt sans, discrets points d’eau accessibles à tous au coin des rues, visibles surtout des piétons comme moi. Coincées entre deux voitures, adossées à un arbre, posées sur un support en ferraille, ces amphores rescapées d’un autre temps nous rappellent que la terre cuite conserve mieux que la bouteille en plastique la fraîcheur de l’eau.
Il semble que tout passant puisse s’y désaltérer, mais je n’ai jamais osé saisir le gobelet posé sur le couvercle et boire de cette eau qui doit garder un goût de terre et de végétal, surtout si elle est puisée dans le Nil.

Est-elle puisée dans le Nil ? Si oui, alors il vaut mieux ne pas céder à la tentation et se payer une bouteille de Nestlé Pure Life au prochain kiosque. Est-elle purifiée par la décantation, tout le limon se déposant au fond de la jarre ? Depuis combien de temps est-elle posée sur son trottoir ? Avant ou après la construction de la route ? Qui l’a portée, qui la remplit quand elle est vide ? Qui lave le gobelet ? Est-ce qu’on lave le gobelet ? Pourquoi un gobelet en plastique plutôt qu’un bol en terre cuite ? Que de questions sans réponse. Promis, la prochaine fois, je goûte, juste une goutte, pour savoir le goût de l’eau d’amphore du Caire.

A la porte des toilettes ( Khan El Khalili) : pour se laver les mains?
Que de questions sans réponse !
si jamais t’arrives à tomber sur un bouquin du l’ifao qui est écrit par Nessim Henin, justement sur les amphores d’egypte et tous les proverbes liés aux amphores, c’est un super bouquin, puis l’auteur n’est que mon cher tonton ! tu me diras ton avis ! et tu auras aussi pas mal de réponses à tes questions . Bonne année !
C’est une histoire d’eau !!!
Moi aussi je n’ai jamais osé goûter cette eau .
Bonne année et bonne santé pour cette nouvelle année
l’eau est sacré ,et doit etre mis a la portée de tous !
bonne année ,
Tout musulman a un devoir de charité, selon ses moyens. Les riches faisaient construire les sabils, ces fontaines monumentales qu’on voit partout dans le vieux Caire. Les gens moins fortunés laissent à l’intention du passant des jarres d’eau devant chez eux. Il y a même des modèles en inox réfrigérés maintenant, mais le Caire ne serait plus le même sans ces jarres. De là à y boire, méfiance quand même.
Nessim Henein, c’est une référence pour qui s’intéresse aux potiers égyptiens, je l’avais croisé à L’IFAO il y a une vingtaine d’années.
Merci pour tous ces commentaires! Et bonne année à tous les lecteurs, et souvent amis, de ce blog! Quatre mois que j’ai quitté l’Egypte sans vraiment la quitter. Cette histoire d’eau, est-ce le signe que la source d’inspiration se tarit peu à peu?
Non Bénédicte, tu ne quitteras pas l’Egypte. Tu la suivras toujours, même comme un filet ! Il te faut absolument concrétiser toutes ces notes par un livre.