Dans le Monde du 14 avril, on apprend que la célèbre Néfertiti, épouse chérie d’Akhenaton, cache un visage de pierre sous sa face lisse de plâtre peint. Le fait était déjà connu, mais grâce aux progrès de l’imagerie médicale, on a pu comparer les deux versions successives du sculpteur et constaté que le nez avait été affiné, certaines rides gommées mais d’autres ajoutées. Il ne s’agissait donc pas d’un embellissement de l’original, mais d’une « personnalisation », affirme le responsable de l’opération. Lisez la suite de cette entrée »
La loge de la bawaba
2009
Chez mon amie F. qui m’héberge pendant deux semaines, le bawab est une bawaba (je préfère écrire ça plutôt que « le portier est une portière »). C’est une petite vieille au foulard noué sur la nuque comme les paysannes de tous les pays. Son territoire est composé de deux rues joignant le Four Seasons à la Mère de Dieu, dans le quartier de Garden City. On y croise parfois un très beau cheval décoré d’un harnais de fête. Seul, à l’arrêt, une de ces bêtes qui vous consolent du tohu-bohu de la corniche toute proche et vous rappelle que la ville regorge de paysans déracinés, les Saïdis, comme on les appelle ici, avec ou sans leurs animaux. Lisez la suite de cette entrée »
Beit Al Suhaymi
2009

En plein cœur du Khan, dans une ruelle qui vous fait remonter le temps de cinq ou six siècles, se cache la plus grande demeure de l’époque ottomane, récemment restaurée.
Elle s’est fait désirer : la première fois, il était cinq heures passées. Le gardien nous aurait bien laissés entrer quand même, si un imam ne s’y était réfugié pour faire la prière du crépuscule. Lisez la suite de cette entrée »
Poupées de chiffon
2009

A Louxor, les petites filles vendent aux touristes des poupées de chiffon qu’elles doivent fabriquer elles-mêmes, avec l’aide de leur maman qui, elle, vend des accordéons de cartes postales jaunies au soleil. Lisez la suite de cette entrée »
J’aime voyager léger. A part des foulards et quelques poteries du Fayoum, je n’ai pas acheté grand chose. Il y a pourtant deux objets que je voudrais rapporter en France : un cageot, trop fragile pour être mis en soute, trop encombrant comme bagage à main. Quoique qu’avec Egyptair, ai-je entendu dire, tout est possible.
Le deuxième objet, c’est une de ces tables, disons plutôt tablettes, en fer forgé, juchées sur quatre pieds graciles, sur lesquelles on pose le verre de thé et le verre d’eau, compagnons indispensables de la chicha. Lisez la suite de cette entrée »
Amphore, jarre, mots d’un autre âge. Et pourtant il ne m’en vient pas d’autre à l’esprit pour évoquer ces récipients en terre cuite, avec ou sans anses, plutôt sans, discrets points d’eau accessibles à tous au coin des rues, visibles surtout des piétons comme moi. Coincées entre deux voitures, adossées à un arbre, posées sur un support en ferraille, ces amphores rescapées d’un autre temps nous rappellent que la terre cuite conserve mieux que la bouteille en plastique la fraîcheur de l’eau.
Bicyclette recyclée
2008

Ce vélo présent sur les marchés du Caire est à la bicyclette ce que la sirène est à la jeune fille, ou l’inverse. Il a la queue du vélo, soit la roue arrière, la chaîne et les pédales ; mais en guise de selle, il est muni d’une antique balance à deux plateaux, garnie d’un peson d’un kilo. L’avant du vélo, pour sa part, a subi une excroissance en forme de triporteur, contenant cinq ou six cartons de fruits. Lisez la suite de cette entrée »
Eloge du cageot
2008

J’aimerais dire la beauté émouvante des objets qui jalonnent les rues du Caire, comme les cageots faits de lattes de canne ou de roseau tressées, plus solides qu’il n’y paraît, les amphores surmontées d’une timbale pour étancher la soif du passant et du riverain, les petites tables à thé en alu et fer forgé accompagnées de l’inévitable chicha, les vélos à tout faire, les charrettes de baladins peinturlurées, comme échappées d’un cirque, les tapis à prière roulés ou déroulés, prêts à l’emploi. Sans compter les plateaux ronds garnis de verres à thé que de jeunes policiers aux guêtres blanches promènent dans les rues le matin, avec la désinvolture des serveurs parisiens. Et bien sûr les marmites à foul qui ressemblent à de gros alambics au secret bien gardé. Lisez la suite de cette entrée »
Le goût du foul
2008

De mes origines paysannes, j’ai gardé le goût des haricots mi-secs cuisinés à la tomate. Mon père les achetait au printemps sur le marché, dans leurs cosses blanches striées de rose, et on les écossait en famille. Leur longue cuisson dans un faitout, avec ail, tomates fraîches et bouquet garni embaumait la maison. Pas étonnant qu’en Egypte, j’aie tout de suite eu le goût du foul, de la marmite de fer luisant dans laquelle il mijote, invisible aux yeux des profanes.
