Passeport ou ID?
2009
Je reviens au Caire, après une longue d’absence, كنت أشعر بالغربة
J’avais le mal du pays, de ses odeurs, de ses couleurs, de sa chaleur, de la douceur, de ses gens qui vous tissent un cocon capable de métamorphoser un européen stressé en humble quidam soucieux de l’essentiel.
A l’aéroport, je ne reconnais rien : où est la banque Misr où l’on se procure les visas d’entrée ? Tout est d’une étrange propreté. Restée fidèle à Egyptair, le moins cher, j’ai atterri dans le nouvel aéroport tout neuf, une demi-heure après l’iftar ; et c’est le désert. Lisez la suite de cette entrée »
La langue arabe
2009
Au début, c’était comme revenir à l’école primaire pour y apprendre à lire et à écrire avec la maladresse d’un enfant de six ans. Avec le même émerveillement aussi, devant le ج élégant aux allures de danseur et le ص bien lourd, avec son gros ventre et sa queue de scorpion. Je m’inquiétais surtout du sens de l’écriture, mais c’est un peu comme la conduite à gauche en Angleterre, ça donne une impression d’insécurité, mais on s’y fait plus vite qu’on ne croit. Et puis, toutes les lettres sont dessinées pour être écrites en cursive en se donnant la main (ou plutôt la queue) de droite à gauche. Pas moyen de se tromper de sens. Lisez la suite de cette entrée »
Bières de Ramadan
2009
Je suis arrivée au Caire en septembre 2007, pendant le Ramadan. Je ne dirais pas que mon installation en ait été facilitée, ce serait mentir, mais les visites d’appartements entre vingt heures et minuit, avec des simsars enfin réveillés, voire survoltés, m’ont laissé quelques souvenirs épiques. J’étais vraiment dans un autre monde, bien loin de la rationalité suisse. J’ouvrais des yeux comme des soucoupes. Et je profitais de l’iftar pour arpenter les rues désertes.
Karima
2009

Elle est assise bien droite sur le fauteuil encore recouvert de sa housse en plastique, la petite Karima. Elle garde les yeux baissés en signe d’humilité. Aussi gênée qu’elle, j’écoute ma charmante propriétaire faire l’éloge de sa femme de ménage, qu’elle me propose pour entretenir l’appartement qu’elle vient d’accepter de me louer.
J’aime voyager léger. A part des foulards et quelques poteries du Fayoum, je n’ai pas acheté grand chose. Il y a pourtant deux objets que je voudrais rapporter en France : un cageot, trop fragile pour être mis en soute, trop encombrant comme bagage à main. Quoique qu’avec Egyptair, ai-je entendu dire, tout est possible.
Le deuxième objet, c’est une de ces tables, disons plutôt tablettes, en fer forgé, juchées sur quatre pieds graciles, sur lesquelles on pose le verre de thé et le verre d’eau, compagnons indispensables de la chicha. Lisez la suite de cette entrée »
Rétrospective
2009

Le goût du foul
2008

De mes origines paysannes, j’ai gardé le goût des haricots mi-secs cuisinés à la tomate. Mon père les achetait au printemps sur le marché, dans leurs cosses blanches striées de rose, et on les écossait en famille. Leur longue cuisson dans un faitout, avec ail, tomates fraîches et bouquet garni embaumait la maison. Pas étonnant qu’en Egypte, j’aie tout de suite eu le goût du foul, de la marmite de fer luisant dans laquelle il mijote, invisible aux yeux des profanes.

Le désert impeccable des grands hôtels, leurs forêts de colonnes en marbre, leurs plantons gominés au sourire niais, leurs gardes de sécurité à l’entrée ouvrant votre sac en s’excusant, leur clim silencieuse et leur fond sonore de cascades et de fontaines artificielles, leurs galeries marchandes aux prix affichés en dollars, tout cela peut rassurer après un bain de foule et la traversée périlleuse des avenues en étoile autour de Talaat Harb. Lisez la suite de cette entrée »
La ferme
2008

Il y a, sur la route de Sakkara, en bordure de ce hideux canal, un drôle d’endroit appelé El Eizba, qu’on peut traduire par “la ferme”, ou pour faire chic ” la maison de campagne”. Encore un de ces refuges hors du grand Caire, où passer une demi-journée au vert. Des animaux dépareillés s’y promènent en semi-liberté au milieu des vieux tacots et des photos d’artistes des années trente – ou cinquante, car je ne connais rien au cinéma égyptien.

A l’aéroport du Caire, c’est la file d’attente, avant même le hall du Terminal 1. Seuls sont autorisés à entrer ceux qui prennent l’avion. Des policiers bloquent l’entrée, vérifient les billets. La foire d’empoigne habituelle, en forme d’entonnoir boursouflé par les resquilleurs de tous les côtés. Je pousse résolument le nez de mon chariot, sans ménagement pour les voisins. J’ai bien appris mes leçons de survie au Caire. Lisez la suite de cette entrée »
Le tour en felouque
2008

On a parfois des a priori stupides : le tour en felouque, à cinq minutes à pied de chez moi, me semblait réservé aux clients du Grand Hyatt et du Four Seasons, cibles favorites des rabatteurs. Et puis franchement, la navigation sur un fleuve servant d’égout à toute l’Egypte ne m’évoquait rien de très romantique. Lisez la suite de cette entrée »
Foul et mouloukhieh
2008

Parfois, le midi, on va acheter à manger dans un petit restau de Mounira, des pains baladi garnis de foul, une salade de babaghanough et du yaourt au concombre. Et on va consommer notre pique-nique à la terrasse, disons plutôt au trottoir, d’un café voisin ou à l’ombre d’un autre, sur Kasr El Eini.

Comment obtenir le permis de conduire en Egypte ? Réponse : en allant passer l’examen avec la plus petite voiture possible. Théoriquement, pour conduire en Egypte, il faut un permis de conduire. Que l’on passe après avoir appris à conduire avec qui on veut.
Petits commerces
2008

J’ai découvert récemment sur le boulevard Kasr El Eini, où je passe tous les jours depuis des mois, une minuscule boulangerie qui ne paye pas de mine. On a l’impression de pénétrer directement dans la pénombre du fournil. Lisez la suite de cette entrée »
Le roi du quartier
2008

Recherche d’un appartement avec une collègue nouvellement arrivée.
Comme convenu au téléphone, on attend le simsar devant le Fridays sur la rue du Nil. Evidemment, lui nous attendait à Zamalek devant le Marriott. Lisez la suite de cette entrée »
