Aïn Sokhna

2008

Arrivées jeudi soir après le coucher du soleil. Devant l’entrée il faut balayer les fleurs de bougainvilliers fanées, qui font un petit tas rose tout léger, mélangé à un peu de sable. Puis on va nager un peu, et se remplir les narines d’eau salée.

Voilà qui rachète ma stupide marche de Garden City à Dokki en pleine chaleur, en traversant le pont de l’Université. Même avec le masque, c’est épuisant. Pas assez d’oxygène pour s’amuser à ça. Mais renoncer à marcher, ça jamais. Piétonne je suis, piétonne je resterai, contre chaleur et pollution.

El Hegaz Resort, c’est une banale série de bâtiments d’un seul étage coincés entre la route d’ Hurghada et la plage. Beaucoup d’appartements, achetés par des investisseurs, restent vides même le week-end. Alors la plage reste quasi déserte, ce qui fait son charme.

Le lendemain matin, on marche le long de la mer, en direction d’un bosquet de palmiers. Au-delà des palmiers, un type en chemise bleue veut nous empêcher de passer. C’est privé, c’est privé, passage interdit, s’acharne-t-il à répéter en arabe, alors que je fais semblant de ne pas comprendre. Il nous escorte jusqu’à ce qu’on fasse demi-tour. Les résidents appellent cette zone la plage des libyens. Des riches libyens.

La balade du matin, c’est pour ramasser des coquillages, qui décoreront la murette bordant la terrasse. Le bougainvillier a trois ans. Il végétait sur la terrasse de Gisela au Caire. On voit passer des oiseaux verts et bruns gobeurs d’insectes De retour sous notre parasol, je fais connaissance avec les voisins. Je parle français avec Gisela et Salwa, qui parle arabe avec Heidi, à qui je parle anglais, tandis que Gisela lui parle en allemand. En toute simplicité.

 

Soudain, un cri : «  Les dauphins sont là ! ». Ils arrivent de la Mer rouge en direction du canal de Suez, où ils vont chercher à manger. Cette fois, ils ne s’arrêtent pas, et j’ai à peine le temps de les prendre en photo. Ils sont une bonne dizaine. Quand on aperçoit cinq ou six nageoires, on peut être sûr qu’il y en a autant au-dessous. Tout le monde sur la plage attend le passage des dauphins. Surveiller le passage des dauphins, pour pouvoir saisir à temps la chance de nager avec eux, c’est l’occupation principale de la petite communauté d’El Hegaz.

Le soir, à l’horizon, on regarde les lumières des bateaux qui attendent leur tour pour passer le canal de Suez.

 

Le lendemain, samedi, des familles commencent à arriver. Les femmes se calent sous les parasols dans des chaises en plastique, tandis que les hommes et les enfants se baignent. Certaines femmes, n’y tenant plus, vont se rafraichir avec tous leurs voiles. On découvre sur le bord une énorme étoile de mer surprise par la marée montante.

Puis un bébé raie camouflé sur le sable. L’eau est à 27 degrés. Une petite brise fait un peu oublier la chaleur. Lecture, écriture, repos, nage, petites conversations entre voisins, apéro et pétanque le soir. La plage, les vacances, comme jamais je n’en ai rêvées, puisque les miennes se passaient surtout à crapahuter dans les montagnes. Une vraie découverte. Et même des courbatures le lendemain, à force d’avoir tellement nagé avec ou sans les dauphins. Lors de leur dernier passage, ils sont venus tout près, j’ai vu ces grosses masses luisantes passer en dessous de moi, j’aurais pu les toucher, si j’avais été moins impressionnée. La prochaine fois peut-être.

   

 

 

2 Réponses vers “Aïn Sokhna”

  1. josiane said

    y en a qui on de la chance quand mème !!!

  2. Jo said

    Je viens de lire ta page avec grand plaisir, tu sembles trouver de la délectation à séjourner à « Aîn sokhna ».
    Bon séjour !!!

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :