Bruyantes lectures

2008

Valère Novarina, un grand type carré à la chevelure blanche, était présent à la séance d’inauguration d’un programme de traduction en arabe de textes dramatiques français. Valère Novarina est un grand nom du théâtre français. Mais le public égyptien n’est pas obligé de le savoir.

Il s’est donc comporté comme à son habitude : va et vient de spectateurs en retard, ou venus « pour voir », claquements des strapontins abandonnés d’un seul coup par leur occupant, et des talons des jeunes filles quittant la salle, sonneries des portables et conversations doublant la voix du comédien sur scène, rien d’anormal. Que le bruit puisse gêner qui que ce soit ne vient à l’idée de personne, et les regards excédés des français présents n’émeuvent guère les inconvenants.

  Lors d’une autre lecture de l’actrice Anne Navaro, le technicien,    croyant bien faire, et saisissant l’occasion d’y regarder de plus près, est monté sur scène pour rajuster le micro cravate qui était descendu dans le décolleté de l’actrice. Estomaquée par la maladresse – ou le culot- du type, celle-ci l’a repoussé avec agacement : «  Laissez ça, j’ai presque fini ».

  Cela dit, quelle idée bizarre de ne proposer que des textes de théâtre lus. Moins cher sans doute. Mais quand on va au théâtre, on attend autre chose. Peut-être le public, en se manifestant bruyamment, montre-t-il sa réprobation devant un choix artistique qui le laisse froid.

A juste titre.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :