Bureaucratie et corruption

2008

 

J’aurais dû aller plus souvent aux conférences du CFCC à 18h30, mais comme c’était mon lieu de travail, c’était un peu dur d’y rester encore le soir.

Celle qui s’intitulait « Développement et institutions » me semblait un peu ardue, mais ce jour-là, j’avais encore l’esprit assez clair pour y assister.

Développement et institutions. Autrement dit : le développement économique d’un pays pauvre est-il lié à la qualité de ses institutions ? La réponse est oui, la difficulté étant de mesurer la fameuse qualité, liée à des enquêtes souvent entachées de subjectivité.

L’exposé du jeune président de l’Université de Clermont Ferrand était clair, pédagogique, et accessible à quelqu’un comme moi, qui ne connais rien à l’économie.

J’y ai appris que la bureaucratie, comme la corruption, permettent de mettre un peu d’huile dans les rouages de l’économie. Qu’elles suivent une courbe de Goss, ou courbe en cloche : il y a une limite à ne pas dépasser, sinon la courbe est inversée, et ça bloque le mécanisme.

Où en est l’Egypte de ce point de vue ? La pratique des bakchichs et de la corruption peut en effet garantir la survie de toute une catégorie de la population, mais elle ralentit aussi considérablement toute transaction économique.

Prenons par exemple l’achat d’une voiture : entre frais d’avancement du dossier, enveloppe intermédiaire un, enveloppe intermédiaire deux, ouverture première porte, ouverture deuxième porte, etc., toutes démarches indispensables couronnées par le bakchich de celui qui gère les bakchichs, le parcours s’apparente à un calvaire pour l’occidental moyen.

Quant à la bureaucratie, elle sert  dans de nombreux pays à maintenir artificiellement le chômage à un niveau acceptable, garantissant ainsi un revenu minimum d’insertion. Faudrait-il demander en plus à ces pauvres fonctionnaires – pardon, à ces fonctionnaires pauvres- d’être  efficaces ? Au contraire, la justification de leur emploi passe par la lenteur à réaliser les tâches qui leur sont, dans le meilleur des cas, attribuées.

 

Autre exemple : les professeurs, dont le salaire de base ne permet pas de vivre décemment, ont intérêt à enseigner le moins efficacement possible pendant les heures de classe, afin de récupérer le maximum d’élèves en cours privés, pratique universellement répandue. Ces cours privés réunissent un nombre limité de participants. Donc, seuls les élèves dont les familles peuvent payer bénéficient d’une instruction digne de ce nom. Les autres perdent leur temps à l’école.

Le plus admirable, c’est qu’il y ait des professeurs qui ne donnent (presque) pas de cours privés. Et qui continuent de faire cours à soixante élèves par classe. J’en ai rencontré. A ceux-là, je tire mon chapeau.

 

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :