Rencontre entre un string et un burkini

2008

Sharm El Sheikh, le charme du Sheikh… Tout est fait en effet pour que le Sheikh soit charmé et lui seul.

Nama Bay est une côte désertique sur laquelle ont été construits sans souci d’urbanisme des hôtels trois étoiles ou plus. La plage est donc découpée en bandes plus ou moins larges selon la catégorie de l’hôtel qui en a la jouissance.

Coincée entre deux espaces assez vastes sur lesquels on a même réussi à faire pousser quelques massifs de verdure, une plage publique détonne, avec ses transats miteux au touche-touche, et ses parasols qui se cassent la gueule.

Sort de l’eau une étrangère bien roulée, en string, masque et tuba, puis, la minute suivante, une égyptienne, ou saoudienne – je ne lui ai pas demandé son passeport – en maillot noir couvrant, également avec masque et tuba, également bien roulée, à ce que laisse entrevoir le polyester mouillé.

Que peuvent-elles bien penser l’une de l’autre ? Je rêve de surprendre une conversation entre les deux femmes. Je brûle de les voir en plein dialogue des cultures. Las, elles ne se dirigent pas vers le même parasol.

Pour le reste, c’est beaucoup de gras, blanc ou bronzé. Par bonheur, dans l’eau, le spectacle est magique, les poissons de toutes les couleurs vous frôlent, de gros coquillages ouvrent leur bouche bleue turquoise à votre passage, vous êtes au paradis.

C’est peut-être de ce paradis aquatique que discuteraient nos deux snorqueleuses ensorcelées.

Plus tard, intriguée par ce maillot de bain qui tient plus de la combinaison de plongée que du bikini, j’apprends sur Internet qu’on l’a baptisé burkini,  et qu’une australienne, un turc et une américaine convertie à l’Islam revendiquent l’honneur de son invention récente, qui a reçu la bénédiction du mufti d’Australie. Le styliste turc affirme que ces maillots de bain sont conçus pour les femmes musulmanes,

« pour leur permettre de profiter des vagues des mers tout en respectant les principes de l’Islam qui obligent la femme à ne laisser apparaître de son corps que le visage, les mains et les pieds ».

Ce qui n’empêche pas les pro et les anti burkini de se déchaîner sur les blogs, au point que, sur l’un d’eux, le modérateur s’est vu obligé de mettre fin aux échanges.

 Enfin, c’est sur le journal en ligne Jeune Afrique que je trouve une réponse claire à la question que je n’osais pas poser : aux yeux d’un spécimen ordinaire de sexe masculin, laquelle des deux est la plus sexy ? La toute vêtue ou la toute dévêtue ? En voici un extrait, signé Fouad Laroui :

Mais que se passe-t-il quand la belle ondine sort des flots, toute mouillée ? Hélas, mes bien chers frères, le burkini lui colle à la peau, dévoilant ses formes généreuses, la transformant en succulent succube ambulant. Affolement général de l’élément masculin sur la plage, de 7 à 77 ans : les uns s’exorbitent l’œil, les autres détournent pudiquement le regard mais le mal est déjà fait et les pensées impures caracolent sous les calottes crâniennes. Je vous le demande, amis : est-ce cela que nous voulons ? (Qui a crié « oui » ?) La plage n’est-elle pas un lieu où le Diable n’est pas le bienvenu, même en short ? La paix des ménages ne doit-elle pas être, là aussi, préservée ?
C’est là qu’entre en scène le génial Zakaria B. Cet ingénieur marocain, inventeur à ses heures perdues, a imaginé d’améliorer le burkini en le munissant d’une petite ampoule d’air comprimé, d’une valve minuscule et d’un p’tit bout d’ficelle qui dépasse. Quand la jeune donzelle émerge de la vague, comme Aphrodite de son coquillage, elle n’a qu’à tirer sur le bout de ficelle et la bobinette cherra ; je veux dire, l’air comprimé s’engouffrera dans le burkini, le transformant illico en boule. Vous noterez que c’est le même principe que l’airbag. Mais là où ces mécréants d’ingénieurs occidentaux se contentent de sauver des vies avec leurs banals airbags, Zakaria B., lui, sauve les âmes de la damnation éternelle. Y a pas photo : c’est lui le meilleur.
Transformée en grosse boule noire, la jeune croyante peut alors rouler jusqu’à sa serviette de bain et se caler sur les sables d’or sans provoquer la concupiscence des mâles. La manip’ n’est d’ailleurs pas sans risque : par jour de grand vent, le Bibendum femelle risque fort de s’envoler dans les nuages. Bah, pour se consoler, elle n’aura qu’à chanter l’hymne bien connu : « Plus près de toi, mon Dieu »…

Un peu d’humour ne fait de mal à personne…

 

 

 

 

 

 

7 Réponses vers “Rencontre entre un string et un burkini”

  1. cAtYl said

    j’ai n’ai découvert le terme burkini que la semaine dernière, merci d’en avoir fait un article. Quand on les voit sortir de l’eau, on en est mal à l’aise pour elles…
    Attention quelqu’un serait bien capable de la mettre cette capsule justement pour être « plus près de toi mon dieu » !

  2. josiane said

    j’ai fais circuler ton article !bises

  3. Mëluzynn said

    Moi je trouve bien le burqini…

    Entre une femme en jellaba mouillée qui laisse tout apparaître et le burqini, je trouve ça plus « décent ». Et ça permet aussi à certaines femmes qui ne le pouvaient pas d’aller se baigner.

    Je pense qu’il faut voir ça aussi dans CE sens et pas uniquement avec nos yeux d’occidentales 😉

    Et pour info, je suis musulmane et je n’ai pas besoin de porter le voile pour être plus près de toi mon Dieu 😉

    Et pour ma part je suis mal à l’aise en voyant une occidentale en string et parfois seins nus se balader comme une morue devant le regard clairement vicieux des messieurs sur la plage 😉

    Chacun voit midi à sa porte ^^

  4. Corine said

    Et la « galabiki » non ? Pas de maillot gonflant pour les hommes, pourquoi ? Leur maillot de bain aussi colle à la peau en sortant… Mais, les « pudiques » femmes ne regardent JAMAIS les hommes en slip de bain, c’est bien connu …
    Dans ces histoires, on veut toujours opposer les extrêmes, c’est çà qui « ne colle pas » !!!

  5. Stéphane said

    Bonjour Piètonne,
    Pas trop le temps de lire les blogs en ce moment mais si tu continues à traiter de sujets aussi frivoles que les chiffons je ferai un effortpour venir plus souvent.

    A+

    PS : Je confesse ici des regards non pas vicieux -le vice n’est-il pas péché ?- mais concupiscents.

  6. Catherine said

    Du moins le burkini a-t-il le mérite de permettre a ces femmes musulmanes de se baigner… quoique je connais des Egyptiens qui jugent qu’une « vraie » femme musulmane ne doit pas mettre plus que les chevilles dans la mer. Donc je ne suis pas sure que ce genre d’invention incite les femmes a se jeter a l’eau…

  7. Mëluzynn said

    Je précise qu’un homme, velu ou non, en mini slip de bain, voire même en sting (eurk *vomis ») c’est rédibitoire au possible…

    Un homme en caleçon de bain, qui va de la taille jusqu’à – au moins – mi-cuisses, c’est bien 😉

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