La Mer blanche du milieu

2009

On l’appelle en arabe la « mer blanche du milieu » البحر الأبيض المتوسط et je ne savais pas pourquoi avant l’été dernier. Nous étions hébergées dans un de ces « resorts » qui colonisent le littoral, interdisant tout accès non autorisé à la plage. Après avoir nagé dans l’une des immenses piscines désertes qui jalonnent les pâtés d’immeubles à trois ou quatre étages, on décide de marcher jusqu’à la mer. Caillebotis et parasols pliés, ambiance fin de vacances. La mer est turquoise et blanc crème.

Ce sont les bancs de sable qui donnent à la mer blanche une couleur laiteuse, turquoise au lait, pourrait-on dire. Mais au-delà des bancs de sable blanc, elle redouble d’intensité, comme une carte postale retouchée, piquetée de tâches noires, qui se révèlent être des sacs en plastique plus ou moins déchiquetés. Quelle misère !

Je décide malgré tout de me baigner, l’eau a l’air propre. Elle est chaude, 27 degrés au moins, ma température idéale. Mais c’est lassant de nager en chassant les déchets du revers de la main. Quand je sors, je suis couverte de minuscules débris de plastique noirs et blancs. Il faudra plusieurs douches et longueurs de piscine pour les éliminer.

Toute la côte Nord est couverte de ces résidences plus ou moins cossues, plus ou moins neuves, dans lesquelles on peut acheter un appartement avant même la construction. Pour y passer quelques week-ends loin de la ville, et les vacances d’été. Beaucoup s’en servent comme des placements, et n’occupent pas leur appartement, ce qui donne à ces lieux semi déserts, entre la mer et le sable, une ambiance propice au repos, au vague à l’âme et à l’ennui.

De la route, entre deux marinas, on aperçoit parfois une tente nomade au creux d’une dune. Mais les terrains libres sont de plus en plus rares.

Après Marsa Matrouh, au bout d’une piste, on découvre un de ces complexes en voie d’abandon, immeubles de quatre étages aux murs décrépis, cernés de terrains vagues, anciens jardins repris par le désert. Seuls trois ou quatre appartements semblent occupés. Mais la plage, déserte, est très belle, d’une propreté à la mesure de sa fréquentation. On pourrait y marcher des heures.

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