Star à Aguiba

2010

Je m’étais munie de mon maillot de bain une pièce bien couvrant et d’un peignoir, pensant trouver les plages peuplées de femmes méduses faisant flotter leurs voiles ou de sombres statues cuisant stoïquement sur des chaises de plastique blanc. Mais pendant le Ramadan les musulmans avaient fui la côte, laissant la place à des familles entières de coptes venus du Caire et d’Alexandrie. Les bains de mer attisent la soif.

A Marsa Matrouh, la fameuse plage Rommel, idéale pour faire patauger les gamins, ne me fit pas grande impression, peut-être parce qu’elle portait ce nom-là, justement, et qu’après la visite du cimetière allemand d’Al Alamein, j’étais plutôt tentée de fuir les lieux de sinistre mémoire.

Ce que je voulais voir, c’était la plage d’Aguiba, de l’adjectif عجيب, qui signifie extraordinaire, admirable, étonnant, abracadabrant, étrange, inconcevable, incroyable, merveilleux, prodigieux, surprenant, si, si, je vous assure, c’est le Larousse arabe-français qui le dit. Plus romantique qu’une plage au nom de commandant.

A vingt-cinq kilomètres en direction de la Libye, la route s’élève au-dessus de la mer turquoise, qui forme des anses et des criques au pied d’une roche calcaire de couleur ocre rouge, rompant la fadeur du sable à perte de vue. Oublions sur la gauche le désert interdit encore truffé de mines.

Un immense parking accueille plusieurs bus de paroissiens venus visiter la région en compagnie de leur pope. Ils ne descendent pas tous la rampe qui mène à la crique, car au milieu de l’après-midi, la température d’incite pas à la balade. Mais une terrasse couverte permet de boire un café tout en admirant le site.

Nous marchons vers l’ouest, où la falaise semble s’élever à une hauteur de quinze à vingt mètres. Nina porte une jupe blanche. Elle entreprend l’escalade de la paroi, puis celle d’un dévers à grosses prises. Du jamais vu, semble-t-il : les appareils photos et les portables immortalisent l’exploit. Un père de famille lui demande même de venir poser avec femme, enfants, oncles et cousins.

Star à Aguiba…

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2 Réponses to “Star à Aguiba”

  1. bsaouter said

    J’aime bien penser à l’Egypte au mois d’août pendant qu’il neige dans le jardin. D’ailleurs, ma montre reste toujours réglée à l’heure d’été.

  2. Nagui said

    on a la chance de pouvoir profiter des plages d’egypte pendant quelques années au moins durant le mois du ramadan tandis que nos amis musulmans resteront bien tranquillement chez eux pour aller au paradis !! youpi !! on retrouve l’egypte normale d’autre fois ! ouf !

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