Le musée nubien

2010

Nouvel Empire XVIIIème dynastie

Je marche depuis l’hôtel vers le Musée nubien. Cinq minutes avant l’ouverture, je pensais être la première, mais deux ou trois classes en visite d’école se pressent déjà à l’entrée, accompagnées de leurs professeurs, ce qui me ramène plus de vingt ans en arrière, quand j’arpentais le musée d’Aquitaine avec mes élèves. Comme pour chez les gamins du monde, la sortie au musée provoque cette exaltation qui fait briller les yeux et vibrer les rires, enfin hors les murs de la classe. Les professeurs, dépassés, s’efforcent de maintenir un semblant d’ordre. La visite se fera au pas de course ; dommage, car toute l’Histoire de la Nubie, de la Préhistoire au grand déménagement provoqué par la construction du grand barrage, est concentrée dans ce très beau musée.

Conçu par un architecte égyptien, Mahmoud El Hakim, il n’a rien à envier aux musées européens les plus modernes, mis à part le manque d’éclairage dans plusieurs vitrines. Entouré d’un beau jardin avec un théâtre en plein air juste derrière le boulevard (pratique pour l’acoustique), une maison nubienne traditionnelle où des gardiens ont entreposé de la canne à sucre, et une grotte artificielle qui abrite quelques gravures rupestres sauvées des eaux.

Drôle d’idée de les avoir collées là, sur les parois de cette construction aux airs de carton pâte. Plusieurs spots pendouillent au bout de leur fil, la gravure qu’ils éclairaient reste invisible. Toujours la même histoire : une superbe installation qui se dégrade faute de maintenance, non prévue dans les projets soutenus par l’UNESCO sans doute.

Entrée du musée

Cela dit, douze ans après sa création, le musée reste superbe : un immense Ramsès II, fidèle à sa mégalomanie, vous accueille dès l’entrée. Il provient d’un temple aujourd’hui englouti sous soixante mètres d’eau. J’y apprends que la Nubie, appelée pays de Kouch par les Egyptiens, est habitée depuis le 4ème millénaire avant Jésus Christ ; les panneaux explicatifs, en arabe et en anglais, sont très détaillés, presque trop pour moi, mais les objets, bien mis en valeur, donnent envie de s’attarder.

La dernière partie du musée tranche avec le reste, car on se retrouve tout à coup devant un village nubien reconstitué, quelques maisons décorées, une école, avec des statues grandeur nature, bien intégrées au décor, qui ne font pas trop kitch grâce à un très bel éclairage.

Enfin, j’en apprends un peu plus sur les systèmes d’irrigation successifs dans la vallée du Nil, et partout ailleurs, et sur la construction du barrage d’Assouan, mais la fatigue me gagne.

Tembles de Nubie: avant et après

Je fais un tour du parc dans la chaleur qui monte, admire le théâtre en plein air, doute qu’il accueille souvent des spectacles, avec le bruit de la circulation en contrebas, descend jusqu’à la maison nubienne inhabitée, mais superbement décorée, et passe un moment à l’ombre de la grotte aux gravures rupestres.

Maison nubienne traditionnelle

Combien d’objets, combien d’œuvres d’art, combien d’êtres humains arrachés à leur sol ?

Au souk où j’irai faire mes emplettes cet après-midi, un jeune homme d’une vingtaine d’années affirme, péremptoire : «  Les nubiens ne sont pas des Egyptiens ! »

Une Réponse vers “Le musée nubien”

  1. Colette said

    Un petit air de vacances avec toi Bénédicte!
    Je viens d’avoir Mado qui m’a parlé de ses actions de l’année à Atar. Toujours aussi pleine de vie ! Elle déshydrate des carottes pour la saison suivante !
    On se voit cette année ?

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