Bus Luxe pour Hurghada. Peu avant l’heure de l’iftar, chaque voyageur reçoit une boîte en carton décorée de l’inscription « Ramadan karim » contenant deux sandwichs mous peu ragoûtants et trois dattes pour rompre le jeûne.  Tous les passagers attendent le signal pour ouvrir la boîte, dans un silence religieux que l’absence de radio rend palpable, comme cette tension dans l’air confiné, pareille à celle qu’on ressent au départ d’une course, un pied sur le starting bloc. Ce n’est pas un coup de feu qui donne le signal de l’iftar, le premier repas de la journée alors que le soleil se couche, ni même l’appel à la prière lancé d’une mosquée perdue en plein désert, c’est le bouton de la radio : un verset du Coran, écouté par quarante paires d’oreilles, musulmanes ou chrétiennes. A la fin du verset, chacun ouvre sa boîte, porte une datte à la bouche, boit la moitié de sa bouteille et déballe la nourriture apportée pour le voyage. Les sandwiches mous restent dans les boîtes. Quinze minutes après l’iftar, le chauffeur fait un arrêt dans le désert. Encore dans l’ambiance, je m’imagine que c’est pour la prière, mais c’est pour la cigarette. Lire le reste de cette entrée »