Je voulais revoir la tombe de Sennefer, tout en haut de Gournah. Une paroi et demie est consacrée aux scènes traditionnelles, Anubis, purification, momification, le reste est un hymne à la vie et à l’amour. Sennefer n’est jamais représenté seul, mais avec son épouse, désignée sous le nom de Merith – l’aimée. Ils se tiennent par la main, elle lui présente des étoffes, une coupe à boire. Sur d’autres colonnes, une petite fille est assise, et comme tous les enfants, retient son papa par le mollet. Ce Sennefer était un doux et un artiste. Le plafond, décoré de grappes stylisées, laisse apparaître le relief de la cavité, pour mieux imiter le mouvement naturel de la vigne vierge sous la brise. Rien de figé ni de froid dans cette dernière demeure, et des couleurs fraîches comme au premier jour.

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Le ferry d’Assouan, bien qu’indiqué sur le guide, ne semble servir qu’aux locaux. Après avoir refusé plusieurs propositions de felouques alléchantes, je m’en tiens à ma première idée : prendre les transports en commun. Ce qui me vaut de payer 5 livres, prix touriste, exigé sans vergogne par un guichetier peu amène. J’embarque sur une grande barge divisée en deux partie égales : à gauche les femmes, jeunes ou vieilles, soigneusement voilées de noir, à droite les hommes, presque tous en gallabeya blanche. Je me sens un peu nue sous les regards, malgré  le châle qui me couvre les épaules. Lire le reste de cette entrée »