Old new Gournah

2011

En rentrant du musée, je suis partie à la recherche du vieux nouveau Gournah de Hassan Fathy situé sur la rive gauche, quelque part à droite après le chemin de fer, soit à 3 km environ du village ancestral. J’aperçois la façade d’une belle mosquée précédée d’une place. Le village avait été construit en brique de terre crue, plus exactement d’un mélange de terre, d’eau et de paille qu’on appelle adobe, dont les qualités d’isolation sont trois à quatre fois supérieures à celles du béton. Des toits en voûte, destinés à repousser les radiations du soleil, viennent compléter le dispositif. Ceux qui s’y sont installés ont modifié à leur guise l’architecture initiale, démoli les dômes, ajouté un ou deux étages, à grand renfort de ciment et de béton. Du coup, le quartier ne ressemble plus à rien, à part la mosquée et le théâtre, qui commence à souffrir de décrépitude.

Devant la mosquée, un groupe de gamins joue au foot, et un saïdi aux dents jaunes tirant sur le rouge m’invite à entrer. Le vieil homme me montre la madrasa, salle étroite et fraîche que bordent deux banquettes couvertes de coussins. La salle de prières est prolongée par un jardin. Sur les tapis, à l’aplomb des ventilateurs, deux jeunes garçons couchés conversent à voix basse. Le vieux m’ordonne de m’asseoir aussi et de rester au frais pendant un moment. Il me fait comprendre d’un geste l’absurdité de vouloir à tout prix m’agiter à cette heure de la journée. Je m’exécute docilement. La chaleur s’évapore peu à peu de ma tête. Longues et délicieuses minutes de silence.

On continue la visite : moucharabieh, salle de purification et puits hors d’usage. Il m’invite à me reposer encore à l’ombre d’une salle fraîche et sombre. Puis me propose de monter au minaret environné de dômes couleur sable.

Avant de reprendre mon vélo rose, je suis conviée à une visite du théâtre désert, une petite merveille qui mériterait d’être restauré, et surtout rendu à sa fonction première de lieu de spectacle vivant. Je prends quelques poses sous l’œil attentif de mon guide devenu photographe. Encore une de ces rencontres comme je les aime, dans un lieu magique oublié des circuits touristiques.

Si vous êtes tentés, aux alentours du chemin de fer, demandez El Gournah El Jadida, et laissez-vous guider par le très digne gardien de la mosquée.

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