Le désert

2009

livredesertDécouvert parmi les livres reliés hérités de mon père deux ouvrages sur l’Egypte. Le premier c’est Le désert, de Pierre Loti, qui traversa le Sinaï en 1894 pour se rendre à Jérusalem. Le deuxième, doré sur tranche et illustré de 87 gravures sur bois, s’intitule L’Egypte, dans la collection Bibliothèque instructive, édition de 1883. L’Egypte, pédagogique et bien documenté, vaut surtout pour ses illustrations et sa carte très précise, incluant le Soudan et l’Abyssinie. Mais Le Désert enchante par son style : « il n’y aura dans ce livre (…) rien que la fantaisie d’une lente promenade, au pas des chameaux berceurs, dans l’infini du désert rose ». Lire le reste de cette entrée »

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marchande

« Ils sont accroupis de froid dans les encoignures des portes, ils serrent leurs robes pour dérober leurs jambes et leurs flétries au vent glacé. En toute hâte, ils jettent des palmes supplémentaires sur les toits éventrés des maisons. Dans ces ensembles infinis d’immeubles de brique et de béton inachevés, ils tendent des papiers sombres devant les fenêtres sans carreaux. Comme il fait plus froid dans les maisons que dehors, ils allument des feux de gamelle au bord des trottoirs, autour desquels ils se pressent. C’est le sale hiver du Caire.

En fin de compte, à part quelques millions de pauvres, la pauvreté arrange tout le monde. Elle garantit une main d’œuvre bon marché, elle dompte par nécessité les humeurs belliqueuses, elle entretient l’ignorance, elle rend indispensable l’idée d’un monde meilleur après la mort et, surtout, elle maintient les prix bas pour tous. Elle est l’aubaine quotidienne des politiques, des religieux, des vieux et des nouveaux riches.

Pour la maintenir à tout prix, ils sont disposés à distribuer largement – des couvertures, du pain, du grain, de la soupe chaude, des conseils-, et même à en faire spectacle. La charité coûte tellement moins cher que la justice sociale. »

 

Paul Fournel, Poils de cairote

 

 

Il fait froid au Caire en hiver. Il fait souvent gris et sale, et la vue d’un gamin plongé dans un container à ordures vous met le coeur en vrac.  

 

petitdejtharir