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Au début, les cafés du Caire m’impressionnaient, surtout ceux qui rassemblent dès le matin des tablées d’hommes fumant la chicha, tout en suivant du regard l’étrangère qui passe entre les chaises débordant sur la rue. Je me contentais d’observer de loin le mélange de nonchalance et d’effervescence qui se dégage de ces lieux de rencontres masculins. Puis, peu à peu, grâce à des amis égyptiens, j’ai appris à connaître les cafés de mon quartier, et à les aimer. J’ai même cessé de me soucier de l’eau avec laquelle le thé était fait, fumé quelques narguilés, et bu de délicieux verres de jus de fruits sans craindre la tourista. C’est que je n’étais plus une touriste. Lire la suite »

A l'heure de l'iftar
A l’heure de l’iftar

Je suis arrivée au Caire en septembre 2007, pendant le Ramadan. Je ne dirais pas que mon installation en ait été facilitée, ce serait mentir, mais les visites d’appartements entre vingt heures et minuit, avec des simsars enfin réveillés, voire survoltés, m’ont laissé quelques souvenirs épiques. J’étais vraiment dans un autre monde, bien loin de la rationalité suisse. J’ouvrais des yeux comme des soucoupes. Et je profitais de l’iftar pour arpenter les rues désertes.

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LitBawabaChez mon amie F. qui m’héberge pendant deux semaines, le bawab est une bawaba (je préfère écrire ça plutôt que « le portier est une portière »). C’est une petite vieille  au foulard  noué sur la nuque comme les paysannes de tous les pays. Son territoire est composé de deux rues joignant le Four Seasons à la Mère de Dieu, dans le quartier de Garden City. On y croise parfois un très beau cheval décoré d’un harnais de fête. Seul, à l’arrêt, une de ces bêtes qui vous consolent du tohu-bohu de la corniche toute proche et vous rappelle que la ville regorge de paysans déracinés, les Saïdis, comme on les appelle ici, avec ou sans leurs animaux. Lire la suite »

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Une légende raconte qu’au XIIe siècle, lorsque les croisés revinrent de Damas, ils ramenèrent au roi des pieds de pruniers. Le roi énervé par le récit de l’expédition et l’échec de la croisade se serait écrié:

« Ne me dites pas que vous êtes allés là-bas uniquement pour des prunes ! ».

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Je croyais que c’était le 2 septembre, mais le 1er, en marchant vers mon lieu de travail, comme chaque matin, j’ai su que je m’étais trompée. L’atmosphère inhabituelle, moins de monde dans les rues, une sorte de laisser-aller sur certains visages, de recueillement sur d’autres, des « mabrouk » et des poignées de main échangées en passant, comme pour un mariage ou un enterrement. Lire la suite »

 

On a parfois des a priori stupides : le tour en felouque, à cinq minutes à pied de chez moi, me semblait réservé aux clients du Grand Hyatt et du Four Seasons, cibles favorites des rabatteurs. Et puis franchement, la navigation sur un fleuve servant d’égout à toute l’Egypte ne m’évoquait rien de très romantique. Lire la suite »

 

On m’avait dit : «  Le métro au Caire, surtout pas ! ». Stupide. Il n’y a pas plus sûr et plus propre que le métro comme moyen de transport. On évite l’absorption de particules au ras des véhicules qui m’intoxiquent à chaque sortie et m’obligent maintenant à porter un masque, au risque d’être prise pour une phobique de la grippe aviaire. Lire la suite »