Opéra sonore

2008

Les invitations pleuvaient ce jour-là au Centre français de culture et de coopération, allez savoir pourquoi. Celle-ci se présente sous la forme d’un beau carton noir intitulé « L’opéra sonore », à l’occasion du lancement de la présidence française de l’Union européenne. Tous les invités sont sur leur trente et un, et les amuse-gueule circulent,

consommables en une bouchée, afin qu’une main reste libre pour serrer celles des autres invités.

C’est une compagnie française, « Décor sonore » qui a créé ce spectacle où se mêlent bruits, musique, acrobatie, lumières et architecture du bâtiment, mise en valeur par des jeux de lumière subtils. Un grand mouvement de foule alanguie par la chaleur donne le signal du début.

 

Le spectacle commence entre chien et loup, par un va et vient d’aveugles en blouses grises et cannes blanches, qui sillonnent le parvis et sondent la fontaine en produisant des sons métalliques. Une voix de femme s’élève, en haut des marches qui mènent à la salle d’exposition. Une belle métisse en robe blanche qui s’esquive un peu trop vite au profit de quelques personnages étranges perchés dans les lampadaires ou lovés sur les genoux des statues. Tous gratouillent quelque chose qui ajoute sa note à l’ensemble.

 

A hauteur des arcades, ça se corse : des types munis de harnais entreprennent l’escalade de la façade blanche et le spectacle se déplace vers le ciel. Les percussions se font plus franches. Les silhouettes blanches cavalent sur le muret, le rythme s’emballe. Au fond de la cour s’éclaire une sorte d’échafaudage géant muni d’escaliers que gravissent mécaniquement quatre ou cinq acteurs. On dirait des automates géants dans une boîte à musique.

Puis, sur la gauche, un rideau de fer se lève lentement, comme une boutique qui ouvre, une de ces boutiques cairotes où l’on répare carcasses de vélos, pots d’échappement, ferblanterie et toutes sortes d’objets métalliques sur lesquels on peut frapper à l’envi.

L’ensemble de percussions enfle jusqu’à emplir tout l’espace. L’oreille est tellement captée que l’œil est surpris par l’envol en plein ciel d’un homme accroché à une tyrolienne, suivi d’un autre qui désescalade la façade la tête en bas. Les percussions s’emballent, et c’est la fin du spectacle.

 

Pourquoi Opéra sonore ? Comme le disait très justement le père jésuite croisé au cocktail, c’est un pléonasme, n’est-ce pas ? Ce qui serait original, c’est un opéra non-sonore. Celui-ci était un nouveau genre de son et lumière, dont on devrait s’inspirer pour renouveler celui des Pyramides, à la grandiloquence passéiste. Je poserais alors ma candidature pour la tyrolienne entre Khéops et Kephren.

 

Une Réponse vers “Opéra sonore”

  1. josiane said

    je suis arrivée le 2ème jour c’était finit ,embrouille d’horaire !

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